Une autre dispute moche qui a commencé avec un “rien du tout”. Une incompréhension, un ton de voix qui monte, et le tout escalade comme un feu de forêt. Les enfants vous observent, blasés ou tendus: vous ne réussissez plus à cacher la chicane devant eux comme avant. Vous en avez honte, vous vous étiez promis que votre couple ne serait pas comme celui de vos parents, où le manque de respect était monnaie courante.

Vous savez ce qui va se passer déjà d’avance: une autre 6 à 24 heures de tension à la maison, jusqu’à ce que les choses reviennent un peu à la normale. À l’intérieur, le ressentiment prend plus de place. Le soir, vous avez moins le goût de coller votre partenaire dans le lit. Vous vous sentez seul.e. et profondément incompris.e. Vous pleurez parfois en cachant vos larmes.

Moi, je ne vous cacherai pas la vérité. Une communication problématique, avec trop de mots blessants ou du silence défensif, peut tuer à petit feu la relation avec la personne que vous aimez le plus au monde. 

“Les quatre cavaliers de l’Apocalypse”

Une des recherches le plus intéressantes sur les relations de couple que je connaisse a été conduite par par le psychologue Dr. John  et sa femme Dr. Julie Gottman pendant des décennies, à l’Université de Washington. En 1986, ils ont conçu le “Love Lab” – un endroit aux allures d’un foyer, où des couples séjournaient en reproduisant ses activités courantes – et où ils parlent de leur relation – tout en étant observés pas des caméras. 

Après avoir étudié les dynamiques de milliers de couples, Les Gottman et leur équipe ont créé des formules capables de prédire avec un taux de fiabilité de 93.6% quels couples nouvellement mariés allaient finir par divorcer ou rester ensemble.

Cet article illustre les 4 comportement le plus destructeurs et répandus chez ces couples qui divorcent tôt – 6 ans en moyenne après le mariage.

Dr. John et Julie Gottman a surnommé ces comportements “Les quatre cavaliers de l’Apocalypse”. C’est une métaphore du Nouveau Testament qui annonce le commencement de la fin du monde. Les 4 cavaliers représentent la conquête, la guerre, la famine et la mort, respectivement.

Sachez que si vous vous reconnaissez dans ces comportements, c’est déjà un pas vers la solution. Vous pouvez ensuite travailler pour les reconnaître et les remplacer par des modes de communication sains et productifs.

1. La Critique

Il est passé 21h, et malgré une entente entre vous et votre partenaire, l’évier est plein de vaisselle. Vous avez cuisiné, alors la tâche de la vaisselle n’était pas la vôtre ce soir. Vous voyez le temps passer, mais votre partenaire est toujours à l’ordinateur. Il est normal de se sentir inquiet.e et même en colère. Mais Il y a une différence entre faire une remarque et critiquer son.sa partenaire. 

Critique : Ça y est. C’est moi qui doit tout faire ici. Je ne peux jamais compter sur toi.”

La critique est le “cavalier” le plus courant des problème graves de communication. Il va normalement précéder les 3 autres.

Dans la critique,  plutôt que de parler d’un comportement, on attaque le caractère de notre partenaire. On utilise des “toujours” et des “jamais”.

En écoutant une telle critique, il y a des fortes chances que votre partenaire se sentira attaqué.e, rejeté.é et blessé.é, et il.elle pourra soit se retirer de la discussion, ou vous attaquer en retour. Dans les deux cas, rien ne se règle. 

En utilisant la critique comme arme, le couple peut tomber dans une dynamique où celles-ci augmentent en fréquence et intensité. 

L’antidote: Faire une remarque en exprimant un besoin

Dans le même exemple plus haut sur la vaisselle, essayez de dire:

Demande: “Je sais que tu es occupé avec ton travail. Mais on s’était mis d’accord sur la répartition des tâches en soirée. On s’en va bientôt au lit et ça m’inquiète. J’ai besoin que tu t’occupes de la vaisselle, s’il vous plaît.”

2. Le mépris

Le deuxième cavalier est aussi le plus toxique, car il communique la supériorité morale, voire du dégoût. Selon Gottman, le mépris est le plus grand indicateur de divorce futur. Le manque de respect, la moquerie, ridiculiser, insulter sont des façons de mépriser quelqu’un verbalement; tout comme rouler les yeux ou imiter le langage corporel de manière blessante. 

Exemple de mépris: “Wow. Regarde donc ça notre belle cuisine. Une vraie porcherie. Et toi, comme d’habitude, collé à tes jeux vidéos à la con. On dirait un ado. Tu dois me prendre pour ta mère”.

L’antidote numéro 1: Exprimer vos émotions et besoins

Dans le fameux exemple de la vaisselle (un vrai sujet de disputes dans les bureaux de thérapie, croyez-le ou non!), vous pouvez parler des aspects qui vous dérangent, clairement, en utilisant le “je”.

“On s’était mis d’accord la semaine passée que quand l’un de nous cuisine, l’autre fait la vaisselle après qu’on ait fini de manger. Je te vois à l’ordinateur à la place, et je me sens vraiment mal. En ce moment, je suis fâchée, car notre entente n’est pas respectée… aussi,  sache que pour moi le délai est important, car j’ai hâte de pouvoir relaxer sur le canapé avec toi après. Deuxièmement, j’ai peur que pour toi, passer du temps avec moi ne soit pas important comme ça l’est pour moi. Est-ce que tu comprends? Comment vois-tu la situation?”

L’antidote numéro 2  : Cultivez l’habitude de reconnaître les bons côtés de la relation et d’exprimer les qualités de votre partenaire. 

Il ne suffit pas d’apprécier mentalement l’autre. Il est important de se remercier, de se reconnaître, et d’être spécifique. “Merci de m’avoir aidé dans la correction de mon texte. Je suis admirative de ta maîtrise de la langue française. Et c’est très gentil de ta part”. Apprécier, c’est une façon de renforcer le “système immunitaire” de la relation. Dire des choses positives suscite autant une réponse positive de l’autre, comme des actions, et ça a même le pouvoir de changer votre regard – c’est comme si vous vous mettez vous-même des lunettes roses.  

Petit truc secret: appréciez sincèrement tout geste que vous voulez qui se répète. Le fameux renforcement positif fonctionne très bien avec des humains adultes! 😉

3. La défensive

La défensive, le troisième cavalier, est une forme d’auto-protection sous forme d’indignation ou de jouer la victime.

Imaginons que le partenaire “A” a tenté de parler de notre fameuse vaisselle avec cette formule: “On s’était mis d’accord sur la répartition de tâches en soirée, on s’en va bientôt au lit et ça m’inquiète. J’ai besoin que tu t’occupes de la vaisselle, s’il vous plaît.”

Imaginons que le partenaire B, en écoutant cette demande – même si elle a été légitime et faite dans le respect – se sent.e attaqué.é ou diminué.e. Même si notre partenaire “A” est de bonne foi, notre propre sensibilité, peur de décevoir, peur du conflit …,  peut nous amener à nous défendre, en disant, par exemple:

“Ok, on se calme. Qui a dit que je n’allais pas la faire? Fais-la toi-même, si tu es si pressé.e.”

 Dans cette manoeuvre, on refuse notre responsabilité en blâmant notre notre partenaire.

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L’antidote: Reconnaître sa responsabilité, prendre une action, et s’excuser si nécessaire. 

“Oops tu as entièrement raison, on avait une entente. Je comprends que tu sois dérangé.e. Je suis désolé.e, j’y vais maintenant, merci de m’en avoir parlé”.

Si pour vous le “merci” à la fin peut même paraître “de trop”, je m’explique. Votre partenaire vient de vous rendre service en vous exprimant un besoin clairement, plutôt qu’en évitant le sujet et en accumulant des rancunes. En le remerciant, vous lui montrez que c’est sécuritaire de vous parler ouvertement.

4. La dérobade

La dérobade est un retrait émotionnel qui équivaut à ériger un mur de pierre entre soi et son.sa partenaire. Elle est souvent une réponse au mépris et à la négativité chroniques. Elle peut prendre un certain temps avant d’apparaître dans une relation, et devenir une habitude. Selon le Dr. Gottman, c’est une défensive utilisée par 85% des hommes dans les relations hétérosexuelles. 
La personne qui l’utilise essaye d’apaiser la situation et baisser la tension. Elle évite aussi d’empirer les choses en disant des choses qu’elle regrettera après. Mais en arrêtant de répondre à sa.son partenaire pendant un conflit, plutôt que de l’apaiser, on l’escalade.

L’antidote: Reconnaître son état et exprimer un besoin de distance temporaire.

“Je me sens vraiment faché.e pour continuer cette discussion de manière productive. Est-ce qu’on peut prendre une pause et reprendre après? Je serai plus à l’écoute quand je serai plus calme”.

Ensuite, prenez au moins une vingtaine de minutes pour vous distraire: regardez des vidéos sur Youtube, prenez une marche, lisez quelque chose. N’utilisez pas ce temps pour blâmer et critiquer votre partenaire en boucle mentalement. Laissez l’adrénaline descendre et revenez par la suite dans la discussion.

Améliorer votre communication est possible

Il vaut vraiment la peine de ne pas céder à la pulsion de décharger votre frustration sur votre partenaire de manière irréfléchie. Une communication bienveillante est l’une de clés d’une relation réussie et satisfaisante. Les antidotes sont là pour vous, utilisez-les! Et si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à contacter un.e de nos thérapeutes de couples pour vous accompagner. Pour un rendez-vous, cliquez ici.

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