Selon une étude du Harvard Business Review, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le risque de burn-out est élevé lorsqu’on travaille de la maison, surtout en période de Covid-19, car en plus de gérer le travail, les réunions et les tâches ménagères, il faut gérer des collègues d’âge mineur qui ne comprennent pas que Maman ou Papa ne fait pas “semblant” de travailler.

Signes de burn-out

Il est facile de banaliser les signes de burn-out, c’est pourquoi nous vous exposerons les 4 étapes qui peuvent mener au burn-out, et surtout, certaines stratégies pour mieux s’en prémunir, stratégies issues de la conférence sur La Prévention de l’épuisement professionnel créée par Delphine Deltour, TRA, Thérapeute en relation d’aide® par l‘ANDC® au Divan bleu, que l’on travaille dans un cadre professionnel ou de la maison.

Quelles sont les 4 phases qui mènent au burn-out?

Selon Edelwich et Brodsky, il y a 4 phases qui mènent au burn-out:

  1. L’enthousiasme
  2. La stagnation
  3. La frustration
  4. L’apathie.
Signes de burn-out
Les différentes phases expliquées

1. L’enthousiasme

L’enthousiasme, c’est la lune de miel – tout baigne au travail, la motivation est au rendez-vous. Et c’est connu, la plupart des gens qui sont susceptibles de tomber en burn-out sont des employés très impliqués dans leur travail, qui se donnent beaucoup. 

Dans cette phase, on aime nos collègues, et comme on est efficaces, notre supérieur commence à nous donner de plus en plus de responsabilités. On est contents, parce qu’on se valorise par le travail qu’on réussit à accomplir.

2. La stagnation

Si on a déjà fait un burn-out dans le passé et qu’on a changé de compagnie, on se dit, à cette étape “ça y est, ici ce sera différent”.

Tel que bien expliqué dans l’article “Les 4 étapes du burn out : repérage et prise en charge, écrit par Isabelle Oriot sur LinkedIn, la phase de stagnation, c’est aussi la phase où l’on commence à se désillusionner et où se pointe le surinvestissement. 


Tel que décrit dans cet article : “Le surinvestissement : dans cette deuxième phase, l’individu plafonne : il se rend compte que, malgré ses efforts constants, sa carrière n’évolue pas comme il voudrait, que sa satisfaction ne grandit pas ou que ses efforts ne sont pas reconnus. On exige toujours plus de lui, ou lui-même se fixe des objectifs toujours plus élevés. Il redouble d’ardeur, se met à travailler le soir et le week-end et, surtout, ne déconnecte jamais psychologiquement”.

3. La frustration

Si aucune prise de conscience n’est mise en place, la stagnation mène, la plupart du temps, à la frustration.

Prevention de burn-out

À cette étape, le moral en prend un coup. La personne qui s’est donné corps et âme au boulot se rend compte qu’elle s’investit beaucoup, mais que le prix à payer est élevé: son.sa conjoint.e commence à lui reprocher ses longues heures au travail, le déséquilibre travail/vie privée est de plus en plus grand, et le cynisme commence à poindre: “il me semble que je donne beaucoup et que je ne reçois pas autant en retour”.

Toujours selon l’article d’Isabelle Oriot sur LinkedIn, les premiers signes cliniques font leur apparition à cette phase: impatience, irritabilité, cynisme, isolement, troubles somatiques. Ces signes apparaissent parce qu’on refoule nos déceptions, et la fatigue s’accumule.

La personne est déclenchée par de plus en plus de choses: la moindre petite remarque l’affecte. Le terme “burn-in”, terme attribué à Gary Cooper, psychologue anglais et professeur à l’université de Manchester, vient du fait que le système nerveux est surexposé au stress trop longtemps, telle une photo surexposée. Tel un grand brûlé, le moindre irritant est perçu comme une agression.

4. La phase de l’apathie

À cette phase, l’individu ne ressent plus aucune joie à travailler. Il a brûlé toutes ses réserves d’énergie. Il tombe en mode survie.

La tombée vers le burn-out

D’après Delphine Deltour, à cette étape, il suffit d’un déclencheur de plus qui peut mener à l’arrêt de travail :  dispute avec l’autorité, conflit avec un collègue ou un associé et « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase », nous dit-elle.

Et il ne faut surtout pas amoindrir ses effets: certains doivent rester alités pendant des mois, voire des années, avant de pouvoir redevenir un tant-soit-peu efficaces dans les petites tâches autour de la maison. L’idée de retourner au travail peut créer du stress, ce n’est pas le temps d’y réfléchir jusqu’à ce que le système nerveux se soit reposé et se soit désensibilisé. 

L’objectif est donc de ne pas se rendre à cette étape. Voyons comment.

Des stratégies pour aider avec chaque phase

1. Stratégie à mettre en place dès la phase de l’enthousiasme

Vous l’aurez deviné, plus on met des mécanismes de protection en place dans les premières phases, moins on “dégringolera” vers les autres phases rapidement.

Dans le contexte où on travaille de la maison, la lune de miel peut se traduire par le bonheur d’avoir moins de contraintes de voyagement et d’horaires fixes. La nécessité de distinguer le travail et la vie privée sera de mise à cette phase. Les limites dans ce contexte seront par rapport à notre espace de travail dans la maison (par exemple: un espace avec une porte qui se ferme), ainsi que d’essayer de s’aménager des plages horaires spécifiques pour le travail et de s’y tenir.

Il s’agit ici également d’apprendre, dès le départ, à mettre ses limites et à s’occuper de son besoin de reconnaissance pour s’assurer de combler ce besoin de manière consciente et responsable et non en compensant par le surinvestissement. 

Prevention de burn-out

Quelles sont les manières satisfaisantes de recevoir de la reconnaissance? 

Souvent, on juge ce besoin; on le banalise et on se convainc que c’est immature d’éprouver le besoin de se faire valoriser dans son travail. Apprendre à se reconnaître soi-même et être satisfait de soi est une clé importante. Notre supérieur peut parfois aussi nous y aider; il faudra sûrement apprendre à gérer sa peur de montrer sa vulnérabilité pour arriver à le partager avec son.sa supérieur.e hiérarchique. 

Par exemple, une manière concrète de bâtir une meilleure estime de soi est de demander à votre supérieur immédiat une réunion hebdomadaire pour obtenir de la rétroaction sur vos tâches accomplies, question de vous aider à souligner vos bons coups. Cela s’avère d’autant plus important si vous travaillez seul.e de la maison. Si vous croyez que cette option n’est pas envisageable, essayez de la remplacer par autre chose qui pourrait répondre à ce besoin.

2. Stratégies pour contrer la phase de stagnation

Dans un premier temps, lors de cette phase, ce qui peut être aidant, c’est d’explorer notre rapport aux peurs, et en particulier, notre peur reliée à l’incertitude, à l’inconnu et à l’échec. Écouter ses peurs plutôt que de les refouler aide à garder le cap et ne pas compenser avec des actions qui nous amèneraient encore davantage dans le “faire” et vers l’épuisement. 

« En effet, c’est bien plus le refus de ressentir nos peurs que nos peurs elles-mêmes, qui mène à l’échec », nous dit Delphine Deltour.

Souvent, nos peurs ont des messages à nous transmettre, entre autres sur nos limites et nos besoins non comblés. Il ne s’agit pas non plus de nous perdre dans nos peurs au point de ne plus distinguer la réalité, mais d’y faire face, tout simplement.

Quel est votre rapport à vos peurs?

Prevention de burn-out

Peur de déranger, peur d’avoir l’air ceci ou cela, peur de ne pas y arriver, peur d’être jugé.e, peur d’avoir peur?

Il s’agit également de regarder notre rapport à la performance. Les gens qui sont enclins à se rendre au burn-out sont souvent des gens très engagés qui ont bâti leur valeur sur leurs résultats et qui ressentent de la honte lorsqu’ils ne peuvent pas livrer un résultat à la hauteur de leurs attentes.

Le rapport à l’échec peut être grandement amélioré si on développe une saine estime de soi.

« Apprendre à rebâtir un saine estime de soi basée non seulement sur nos réussites mais aussi sur notre valeur intrinsèque, sur qui on « est », est clé ». « Développer la capacité de s’aimer encore même si l’on échoue » est, nous dit-elle, une stratégie pour contrer la mésestime et la honte de soi. Se donner de la valeur passe aussi par la célébration de nos victoires et de nos fiertés, aussi minimes soient-elles.

3. L’affirmation comme stratégie pour améliorer la phase de frustration

Durant la phase de frustration, le réflexe naturel est de refouler. À cette étape, il est donc primordial de développer une saine affirmation de soi pour ne pas accepter plus que ce que l’on est capables de gérer.

Toujours selon Delphine Deltour, voici 5 étapes pour passer d’une gestion néfaste de ses frustrations qui mène à l’apathie à une affirmation respectueuse de soi et de l’autre:

  1. Prendre conscience des peurs qui nous empêchent de dire “non”. Est-ce par peur de déplaire, de perdre la reconnaissance, peur de la réaction de l’autre, peur de se sentir coupable? 
  2. Explorer notre rapport à la colère. La colère est souvent signe soit d’une limite que je porte, soit d’un besoin insatisfait. Elle est aussi l’énergie vitale qui nous permet de nous affirmer.
  3. Accepter que j’ai des limites physiques et des zones psychiques sensibles.
  4. Accepter que l’autre puisse réagir si je mets mes limites et dis“non”, être capable de l’entendre dans ses réactions, déceptions, frustrations.
  5. Apprendre soi-même à vivre ses frustrations quand je reçois un “non” sans tomber dans une dévalorisation de soi-même. Ne pas prendre un “non” comme un rejet de sa personne mais comme un refus de l’autre.
Prevention de burn-out

Une affirmation saine prévient la dégringolade vers la phase de l’apathie.

Au niveau pragmatique, pour ne pas atteindre la prochaine phase qui laissera des séquelles plus grandes, il faudra avoir recours à des mécanismes plus drastiques pour se protéger, comme, par exemple, demander de réduire ses heures de travail, prendre un congé de plusieurs semaines, ou mettre l’emphase seulement sur les tâches prioritaires.

Et de façon plus importante, il est primordial de comprendre que nous seuls avons le pouvoir de notre bien-être et qu’il est sûrement temps de revoir notre rapport au travail.

4. Est-il trop tard lors de la phase de l’apathie?

À cette phase, notre système nerveux est surchargé, il est donc important de se reposer et de se distancier le plus possible des déclencheurs de stress.

L’idéal est de revoir les phases précédentes et de s’assurer de ne pas se rendre à cette phase. Pour cela, il faut accepter de se placer en priorité, se donner beaucoup d’amour et accepter qu’on a atteint, ou même dépassé, plusieurs de nos limites. 

Changements en profondeur

Souvent, il faudra développer de nouvelles façons d’interagir et de communiquer qui seront très différentes de notre habitude dans le but de se protéger à tout prix de glisser vers le burn-out.

D’ailleurs, selon l’article “Burn-out : quand il faut retourner travailler…écrit par Marina Bourgeois sur le site Medium.com, “le burn-out est souvent l’occasion de procéder à une refonte en profondeur de sa vie professionnelle, voire personnelle. Il y a alors un “avant” et un “après” burn-out. La reconversion est souvent envisagée. Il s’agit alors de se poser les bonnes questions et de ne pas se précipiter. Changer de carrière (et/ou de vie) implique une véritable préparation. C’est un processus à inscrire dans le temps. Là encore, se faire accompagner peut être capital pour la réussite du projet. Le bilan de carrière est alors fréquemment envisagé”.

Prevention de burn-out

De même, il y aura un “avant” et un “après” Covid-19. C’est une période toute indiquée pour justement implanter des changements durables dans la façon dont on s’occupe de soi au quotidien.

La plupart des adultes sur le marché du travail se reconnaîtront dans l’une de ces phases.

Si vous vous identifiez à l’une de ces phases ou si vous avez de la difficulté à identifier vos peurs, vous affirmer ou respecter vos limites, les professionnels du Divan bleu peuvent vous aider.

Si vous voyez que vous n’y arrivez pas seul.e ou si vous envisagez une réorientation de carrière, nous sommes là pour vous aider à naviguer vers une réalité plus ajustée et satisfaisante pour vous. Pour un rendez-vous, cliquez ici.